QUAND JE SERAIS GRAND, JE NE VOUDRAIS PAS ETRE COMME TOUS LES GRANDS...
Ca ne m'intéresse pas moi de prendre des airs sérieux pour faire croire que je suis quelqu'un. Le quelqu'un que je suis, je voudrais le grader comme un ami de toujours, même si les gens se moquent de moi ou me disent qu'il faut arrêter de rêver!
Justement, je ne voudrais jamais m'arrêter de rêver.
Une fois papa m'a pris à part et m'a dit: "Dans la vie, tu auras nécessairement besoin de travailler, de calculer, de prévoir, de te bagarrer pour faire aboutir des idées ou tes projets, mais surtout, surtout, n'oublie pas de rêver!"
"Poète de notre vie"... c'est le titre d'une chanson que mon papa à écrit. On dirait la devise de maman. Oui j'ai pensé à elle qui a toujours le coeur en fête et qui sait si joliment faire rimer les petits instants de la vie de tous les jours pour en faire des bonnes heures de bonheur aussi légères que des bulles de savon et aussi magnifique que des pierres préciseuses!
Juste avant de devenir grand, je regarderais l'annuaire des métiers de poètes et d'enfants pour choisir mon métier d'avenir. Si je devais choisir tout de suite, avant la prochaine seconde, je dirais: Dieu des ruisseaux, des forêts et des sources. Je ne sais pas exactement ce que cela veut dire mais ça à l'air très artiste-nature-enfant, et j'ai l'impression que je serai un type bien si j'en arrivais là!
Remarquez... berger d'un troupeau d'étoiles, ça me plairait bein aussi! Mais c'est plutot un travaille de nuit, il faut choisir!
Et puis bon, si je suis un peu moins distrait au solfège, je serais peut-être musicien de la joie de vivre et des autres petites musiques intérieures.
Comme maman, j'aurais une petite carte dans la poche et dès que j'auais besoin de sous, j'irais devant la machine qui distribue des billets quand on tape les quatres chiffres magiques. j'achèterais des sentiments anciens qui ont très peu servi et qui sont restés dans l'arrière-pensée des gens qui n'osent jamais prononcer les petits mots qui changent la vie. Pour devenir très riche, je ferais grandir ces sentiments en les placent délicatement dans le coeur des gens, pas seulement ceux que j'aime, mais aussi ceux que je n'aime pas assez. Je dirais rien que des "Je t'aime, tu es mon chéri adoré d'amour!", des " tu as fais des progrès fulgurants! bravo!" et puis aussi "Ce n'est pas grave", "J'ai une bonne nouvelle à te dire...", "Merci" en faisant planer un vol majestueux de silences mystérieux et souriants derrière, pour faire durer le désir. Je dirais aussi en empruntant la voix de papa quand elle se fait toute chaude-caline: " Elles est pas belle le vie?!" ... Pour mieux faire sortir la saveur ( nectar et délice, tout compris!).
Et quand je ne saurais pas quoi répondre à la question de bon-papa: "Qu'as-tu fait de beau aujourd'hui?", alors, pour gagner la partie de plaisir, je sortirais comme un atout irrésistible le petit mot doux que j'ai entendu tant et tant de fois dans le creux de l'oreille et qui m'as toujours donné l'envie de déguster la vie comme un dessert inoubliable et d'aimer tout ceux que j'aime d'un amour fou: "petit trésor".
Petit trésor, François Garagnon
Les souvenirs tout à fait irrésistibles d'un petit garçon de sept an.. Ce ne fut qu'un extrait de ce livre, d'autres suivront peut-être...